Edito

25 ans et toujours pas sages !

Pink Screens en est à sa 25ème édition. Presqu'un quart de siècle à montrer des films queer, à bousculer les écrans, à faire circuler les désirs, les colères et les idées… et visiblement, nous n’avons toujours pas l’intention de nous calmer. Pour cette édition anniversaire, le jaune et le fuchsia envahissent à nouveau les cinémas et lieux culturels du centre de Bruxelles. Films, discussions, lectures, performances, rencontres, fêtes et quelques surprises : à 25 ans, on peut encore faire des excès.

Et des films, il y en aura ! Notre équipe de programmation s’est plongée pendant de très, très, très longues heures dans des centaines de propositions pour en retenir plus de 170. Un record ! Pas question de chercher le consensus : Pink Screens aime les films qui déplacent le regard, provoquent les discussions et bousculent les certitudes. Les amours, les joies, les luttes, les corps, les désirs et les contradictions des vies queer traverseront nos longs métrages comme nos incontournables séances de courts métrages.

Cette année, « Quand on arrive en ville » explorera la ville comme lieu d’intimité et de rassemblement, tandis que « Je est un autre » plongera au cœur d’expériences personnelles et de liens intimes. Avec « Working Class Heroes », nous irons du côté des réalités ouvrières et des luttes trop souvent oubliées de nos récits queer.

Mais Pink Screens n’a jamais su rester sagement devant un écran. Et puisqu’on ne fête pas ses 25 ans en faisant moins, tous les pôles du festival ont décidé d’en rajouter une couche. Une expo ? Beaucoup trop raisonnable. Cette année, il y en aura deux : l’une investira les caves du Cinéma Galeries, l’autre prendra ses quartiers à LaVallée. Performances, lectures et propositions artistiques viendront encore brouiller les frontières entre cinéma, arts et joyeux bordel queer.

Les rencontres et discussions avec cinéastes, artistes, associations, activistes et autres invité·es seront elles aussi plus nombreuses. Et côté fêtes et événements, autant vous prévenir : ça va déménager !

Et puisque dix jours ne suffisaient manifestement plus à notre crise de la vingt-cinquaine, Pink Screens joue les prolongations. Tout au long du mois de novembre, une programmation spéciale à la Cinematek autour du cinéma queer des années 70 clôturera cette édition anniversaire.

25 ans, donc. Des milliers de films, de rencontres, de débats, de performances, de fêtes, de coups de cœur et probablement beaucoup de nuits trop courtes. Mais surtout 25 ans d’une aventure collective construite par les queers d’hier, portée par celleux d’aujourd’hui et déjà prête à accueillir celleux de demain. Si Pink Screens est encore là après 25 ans, vous y êtes quand même pour quelque chose.

Alors, que vous soyez là depuis le premier baiser ou que ce soit votre premier date avec Pink Screens : ouvrez grand les portes, les queers arrivent.

Et à 25 ans, iels comptent bien rentrer tard.

 

Focus

Je est un autre

Parfois, notre vie nous semble dépasser la fiction.  Ces cinéastes ont ainsi décidé de mettre leur focus sur leur expérience personnelle ou celle de leurs proches. Dans Adam’s Apple, c’est une mère, Amy Jenkins, qui documente le parcours trans de son fils adolescent. Chloé Barreau, dans Fragments d'un parcours amoureux, prend sa caméra pour interroger ses ex, tandis que Florent Gouëlou, lui-même drag queen du show, suit les préparatifs du dernier cabaret de la saison à travers Habibi, chanson pour mes ami·e·s. Philippe Vallois filme son amant dans la narration fictionnalisée de L'enquête de mon cœur. Ces films nous offrent ce que le documentaire à la première personne permet le mieux : des identités queers travaillées au cœur de leurs liens intimes.

Quand on arrive en ville

Ici, la ville est tour à tour lieu d’intimité, d’habitat, d’amitié et de rassemblement. Les thermes deviennent un espace hors du temps où deux amis peuvent se parler (Anoche Conquisté Tebas) là où Paris est le théâtre d’une rencontre et d’ouverture (A Second Life). L’appartement cristallise les tensions du couple et le désir d’un chez-soi (Lucky, Apartment) au moment où un lieu vacant de Téhéran se transforme en refuge collectif (The Crowd). Ce focus prolonge les quêtes de liens et de mémoire qui traversent les courts-métrages de la séance Plus belle la ville.

Working Class Heroes

La classe sociale est souvent un aspect ignoré de l’intersectionnalité. Pourtant, comment parler de queerness sans aborder les réalités de nos adelphes routier·es (Du fioul dans les artères) ? Quel·les queers sont oublié·es dans les espaces où le corps est mis en danger (Miss Carbón) ? Quelles histoires d’amour ou de luttes échappent à la perception de nos identités, devenue quasiment uniforme, amputée des enjeux de résistance ouvrière (Iván & Hadoum) ? Une célébration de nos Working Class Heroes et de leurs batailles.

Pink Memories

Caché·es, culpabilisé·es, ostracisé·es durant des décennies!

Dans les années 70, sortent enfin des films qui traitent ouvertement des vies et des revendications des gays, des lesbiennes et des personnes trans.

Un des facteurs déclencheurs de ces changements fut Les émeutes de Stonewall durant lesquelles des gays, des lesbiennes, des personnes trans, des travailleur·euses du sexe, des jeunes SDF qui fréquentent ce bar sont descendu·es dans la rue pour répondre au harcèlement quotidien des forces de police.

D'autres facteurs comme la révolution sexuelle ou l'apparition des mouvements féministes ont joué en faveur de l'émergence d'une part, de films dans lesquels des homosexuel·les sont des personnages de fiction (presque) comme les autres, et d'autre part, de films militants, porteurs des revendications pour l'égalité des droits:

A l'occasion de sa 25ème édition, le festival Pink Screens vous propose de naviguer dans cette courte période qui a vu s'épanouir sur les écrans des films débarrassés de tous tabous et de plus en plus provocateurs, des films mettant en scène des personnes queer libérées, loin de la victimisation qui était leur lot dans les décennies précédentes.

Cette rétrospective variée mais loin d'être exhaustive est programmée essentiellement à Cinematek tout au long du mois de novembre.

Trigger Warnings

Pink Screens vous présente cette année encore des films qui nous ont secoué·es, marqué·es, des films qui font parfois rire ou parfois pleurer. Avant tout, nous tenons à rappeler que la plupart des séances s’adressent à un public adulte et averti. Veillez à bien lire les synopsis et infos. Nous nous efforçons de donner une impression juste des films. Cette année, des trigger warnings ont été ajoutés à certaines séances au contenu plus sensible.

Expo Queer 2026

Pour sa 25e édition, Pink Screens présente deux expositions qui se répondent : Radical Pillow Talk et Queer Resistance. De l’intime au politique, elles explorent les espaces où s’inventent les vies queer et où désir, fantasme, communauté et résistance peuvent devenir des forces d’émancipation.

À travers des pratiques et des regards multiples, les artistes nous invitent à parcourir les chambres, les rues, les clubs, les corps, les archives et les imaginaires, et à penser les liens entre nos expériences personnelles et les luttes collectives.

Radical Pillow Talk:  Découvrir l’exposition

Queer Resistance: Découvrir l’exposition

 

Prix et jurys

Avec le soutien de la Loterie nationale et de ses joueur.euses, cette année encore, plusieurs distinctions seront décernées: le prix de la Loterie Nationale du meilleur court-métrage belge, le prix du meilleur court-métrage international de fiction ainsi que le prix du meilleur court-métrage d'animation et/ou expérimental.

De plus, la RTBF décernera son prix du meilleur court-métrage belge de fiction.

Le 7 novembre à 19h00 au Nova, viens découvrir ces courts-métrages récompensés par nos 4 jurys! 

Une séance surprise qui promet d'être éclétique et haute en couleur! 

 

Catalogue en ligne

 

 

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