jeu. 19/02/2004 - 20:30
Rainbowhouse

Les bisexuels : parias des sexualites correctes?


- La bisexualite est-elle politiquement correcte?

- Est-ce que c'est "une" sexualite ?

- En quoi ou pourquoi nous derange-t-elle ?

- La bisexualite, "c'est degueulasse ou hype" ?

- Comment expliquer a sa mere qu'on est bisexuel ?

- La bisexualite est-elle l'avenir de la Wallonie ?

- La bisexualite : un douloureux probleme ?


Etrange gueulante que celle-ci, à se demander si elle portait sur la bisexualité, sur la bi-phobie ou sur le bi-radicalisme .

En y réfléchissant, le titre est en plein dans la vérité : oui il semble bien que « les bisexuels sont les parias des sexualités correctes » (à noter que ce titre lui même exclut par sa forme la bisexualité des sexualités correctes).

Le conflit commence dès la 1ère minute du dialogue, par une déclaration fondamentaliste bi : « On est tous Bi ! ». Ce fondamentalisme bi impose avec autant de vigueur aux homos (pas d'hétéro pur dans la salle ?) leur supposée bisexualité que le fondamentalisme homo impose aux bi leur supposée homosexualité, comme si la question du droit à la différence entre bi et homo ne se pose pas, puisque les bi finalement semblent n'être que des homos qui ne s'assument pas, qui renient leur homosexualité en se cachant derrière l'étiquette bi.

Là où les bisexuels pourraient être un point de jonction entre les militants homos et les milieux établis hétéros, les bi ont été invités lors du débat à se regrouper entre eux et à mener leur lute parallèlement à celle des homos (parallèle = dans la même direction mais qui ne se rejoignent jamais), sans rejoindre le mouvement homo. Cette invitation me semble être inacceptable : au contraire être bi doit impliquer de militer dans le camp gay, car être bi c'est être ni gay ni hétéro, c'est être les deux à la fois, et à ce titre subir en partie ou en totalité les mêmes discriminations des deux familles définies plus nettement.

Se pose donc le problème de la définition de la bisexualité : scientifiquement, toute personne ayant eu au moins une relation (sexuelle ou amoureuse) avec chacun des deux sexes serait bi, qu'elle ait ou non une préférence marquée pour un des deux sexe par la suite. Alors effectivement nous sommes sûrement presque tous bi. Mais ajoutons la notion de temps ou d' instant à cette définition, et là nous ne sommes plus tous bi, nous pouvons l'avoir été, nous pourrons l'être, mais seule certitude est que rien n'est sûr. Par ailleurs ces relations doivent-elles se limiter à l'attirance, à l' amour, au fantasme ou inclure la sexualité. Chacun campe sur ses positions et peu de monde intègre la notion de plaisir et/ou d'envie.

Autre problème : la fidélité. Dans le milieu gay, les bisexuels semblent assimilés à des personnes volages, forcément infidèles, comme si les bi sont des obsédés sexuels qui sautent sur tout ce qui bouge! Evidemment, les bi peuvent être parfois infidèles, mais ni plus, ni moins que les autres. Avoir une relation amoureuse quelle qu'elle soit n'a jamais empêché l'exclusivité dans les relations. La vie en couple ou le célibat, la monogamie ou le multipartenariat restent des choix personnels, qu'on soit bi, hétéro, ou homo.

Il ressort de cette gueulante que le milieu gay ne connaît pas ou peu la bisexualité, qu'il la rejette en partie : les bi n'existent pas, sont dangereux, mal dans leur peau, infidèles, incapables de choisir, n'admettent pas qu'ils sont homos, et autres clichés classiques. On a l'impression que la majorité des gays s'interrogent dubitativement sur la capacité à être bisexuel, sur la capacité d'être émotionnellement ou sexuellement attiré par les personnes des deux sexes, et à degré d'attirance variant avec le temps.
Est-ce une peur de l'inconnu ou un acte de défense de son territoire, est-ce de l'intolérance ou du fanatisme, n'est-ce pas là ce qu'ont subi il y a quelques années les militants gays et lesbiens pour arriver à faire reconnaître leurs droits et leurs valeurs ?

Frédéric Santelli


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